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🎙️ Fruit.Talk : L'Identité Guyanaise peut-elle conquérir le monde de la Musique ? 🚀

Salut à tous les passionnés de culture et d'entrepreneuriat !

Je viens de me plonger dans le podcast passionnant de T2i, " Echange Kélyan x PATKO enregistré durant la table ronde #2befruit oct.2025 (podcast Fruit.Talk)", et c'était une véritable source d'inspiration. L'échange avec les musiciens de talent Kélyan Horth et Patko portait sur une question cruciale : "Une carrière musicale nationale et internationale avec une identité guyanaise : est-ce possible ?"

Voici un résumé de cette conversation riche en enseignements, parfaite pour nous, créateurs et djoubatè !


1. Des débuts contrastés et le pouvoir du "Culot"


L'un des points forts de la discussion fut de comparer les premiers pas des invités dans l'industrie.

  • Kélyan [01:43] nous raconte avoir commencé très jeune, dès l'âge de 10 ans, en Guyane. Son réseau était local, construit autour de la musique gospel et des concerts.

  • Patko [03:02], lui, a eu son premier contact professionnel plus tard, vers 30 ans, avec des labels en métropole. Il a souligné que, parfois, pour percer, il faut avoir le "culot" (l'audace) d'aller chercher les connexions, comme il l'a fait pour intégrer le groupe Assassin [08:48].

Un consensus se dégage : le "culot" ne doit pas être confondu avec l'opportunisme [11:48]. La clé pour durer, c'est de trouver un équilibre entre l'audace et le respect, en misant sur un talent solide.


2. Le défi de l'Export et les fractures identitaires


Pour Kélyan, co-fondateur de la structure MMBS, l'exportation de profils guyanais est un combat personnel. Il explique que, lorsqu'il est arrivé en métropole en 2008, la scène musicale était difficile d'accès pour les artistes non blancs, même dans les musiques urbaines [13:13]. Son engagement est d'offrir aux jeunes d'aujourd'hui une meilleure visibilité et des opportunités immédiates [14:35].

De son côté, Patco a soulevé la question de l'identité en Guyane, notant la division Ouest-Est [17:19]. Il raconte que sa musique, inspirée de son identité Saamaka, n'a été vraiment "considérée" par les médias locaux qu'à partir de son succès en reggae créole ("Problème") [17:45]. Cela met en lumière un besoin criant de valoriser la richesse et la diversité des cultures locales.


3. La voie de l'avenir : Le Métissage Musical 🎶


Le fil rouge pour l'export et l'unité régionale est le métissage musical.

Kélyan et Patco, rejoints par les interventions du public, sont unanimes : pour créer une identité guyanaise forte et exportable, il faut mélanger nos rythmes traditionnels (Kasékò, Biguine, A Léké) avec des sons modernes, notamment électroniques [23:12].

L'exemple du Suriname et des Pays-Bas est d'ailleurs cité [32:19], où ce croisement est déjà en place. En Guyane, ce travail de "remix" pourrait combler le fossé entre les communautés et créer une couleur sonore unique, à l'image des Afrobeats.


4. Les freins : Mentalités et Éducation


Plusieurs défis majeurs ont été identifiés pour construire cet avenir :

  • L'Enseignement et la Vocation [40:08] : Kélyan déplore un manque d'information sur les débouchés dans les métiers de la musique (souvent perçus à tort comme non viables) et un déclin alarmant du nombre d'instrumentistes au profit de chanteurs.

  • La Fracture Culturelle [36:16] : La séparation est renforcée par un manque d'infrastructures (routes, espaces culturels) et, selon les intervenants, un manque d'éducation sur l'histoire et les peuples de l'intérieur (Amérindiens, Bushinengués) [01:04:25].

  • Les Réseaux Sociaux [01:01:39] : Si TikTok est un excellent "accélérateur" de découverte, il ne suffit pas à pérenniser une carrière. Il est difficile de convertir les vues en une communauté de fans fidèles et payants, soulignant la nécessité de multiplier les canaux de communication et de construire sur une base solide.


Mon avis de créateur


Ce podcast est un appel à l'action. Il nous rappelle que la Guyane est, comme l'explique Kélyan, la "terre d'eau abondante" [01:05:06]. Nous avons tous les ingrédients nécessaires : la diversité, le talent, et une histoire riche.

La priorité ? C'est la déconstruction des vieilles croyances éducatives [01:06:52] pour bâtir un socle commun. Il faut :

  1. Réinvestir l'éducation en valorisant notre histoire et toutes nos cultures locales.

  2. Créer des ponts entre les communautés, les générations, et les différentes disciplines artistiques.

  3. Encourager le rêve en montrant que les carrières artistiques sont des voies professionnelles légitimes et lucratives.

C'est en se connaissant et en s'unifiant autour de cette identité plurielle que la musique guyanaise pourra, tel un fleuve, se déverser avec puissance dans l'Atlantique et voguer vers de nouveaux horizons.


Bravo à T2i, Kélyan et Patko pour cet échange essentiel !



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